Madère

La naissance de Madère

Madère fait partie de ce qu’on appelle la Macaronésie comprenant les îles volcaniques des Açores, des Canaries et des îles du Cap Vert.
Sortie du fin fond des océans il y a 25 millions d’années, l’archipel de Madère est entouré d’abîmes allant jusqu’à 3000 mètres de profondeur et d’une fosse la séparant de Porto Santo de plus de 2000 mètres de profondeur.
Cette jeune terre est le fruit d’une collision entre les plaques tectoniques américaines et africaines dont les dernières collisions ont entraîné des tremblements de terre.

 

Géographie de Madère

 

Archipel de terres isolées, situé à 700 kilomètres du Maroc et 1000 kilomètres de Lisbonne, Madère a la particularité d’être composée de plusieurs îles différentes les unes des autres :

La principale île, qu’on appelle plus communément île de Madère, est la plus luxuriante et celle dont on parle quand on évoque Madère. L’île d’une superficie de 740 km² compte 280 000 habitants. C’est une terre qui est principalement constituée de roches volcaniques (basalte) et séparée en deux par une barrière montagneuse créant deux espaces distincts : la côte nord, plus sauvage, humide et accidentée que la côte sud, est très peu habitée. Elle présente une concentration de paysages particulièrement sauvages et spectaculaires, elle est donc le paradis de la randonnée.

La côte sud, quant à elle, est plus ensoleillée et plus habitée. C’est sur le versant sud que se situe Funchal, la capitale de Madère, où près de la moitié de la population de Madère réside.

Autour de sa chaîne montagneuse dont le point culminant est le Pico Ruivo (1862m), de profondes vallées verdoyantes se déchirent jusqu’à la mer parcourues par les milliers de kilomètres de canaux d’irrigation (communément appelés les lévadas) irriguant d’extraordinaires cultures en terrasse accrochées aux falaises escarpées.

La seconde île est Porto Santo, plus aride que la précédente et située à 2h15 de bateau au nord-est de Madère. Elle s’étend sur 43 km² et compte 4 400 habitants. D’origine volcanique comme Madère, Porto Santo est plus âgée, sans doute formée il y a 8 millions d’années contre 5 pour Madère. Porto Santo est un peu l’antithèse de sa grande sœur Madère : sèche, peu peuplée, avec une végétation rare, un relief érodé (son point culminant, le Pico Facho, culmine à 516 m). L’île a la particularité d’être composée d’une plage de 9 kilomètres, la seule plage de sable blanc naturel de l’archipel de Madère.

Les dernières îles rattachées à Madère sont les îles desertas, situées au sud-est de Madère. Inhabitées, elles ont la particularité d’abriter plusieurs mammifères dont des phoques sur près de 15 kilomètres carrés.

 

Climat de Madère

Madère bénéficie d’un climat subtropical influencé par le courant océanique du Gulf Stream. En moyenne, les températures se situent entre 13°C et 20°C en hiver et 20°C et 27°C en été. Grâce aux vents maritimes, notamment les alizés, les températures ne descendent pas en dessous des 10°C.

Ce climat doux et humide, associé à un sol volcanique très fertile, a permis à une exceptionnelle flore subtropicale et tropicale de se développer sur l’île. Sur ses pentes volcaniques, Madère abrite la plus grande forêt laurifère (laurissilva) du monde, l’un des derniers vestiges de forêt qui recouvrait l’Europe du Sud avant les dernières glaciations à l’ère tertiaire il y a 20 millions d’années ! Cette forêt abrite de nombreuses niches écologiques spécifiques et possède un taux élevé d’endémisme végétal et animal. C’est pourquoi elle a été inscrite en 1999 au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco.

 

Faune et flore de Madère

Lorsque les premiers explorateurs arrivèrent sur l’île, Madère était déserte et recouverte d’une forêt luxuriante d’une densité remarquable.

On pouvait y voir des lions de mer dont la ville Camara de Lobos en a hérité le nom. On ne connaît qu’un oiseau originaire de l’île : le roitelet, nommé par les locaux « Bisbis ». Pour le reste, on compte 200 espèces d’oiseaux dont 6 sont communes aux îles des Canaries et ne se retrouvent nulle part ailleurs. On n’y retrouve qu’un seul reptile, un lézard nuisible à la culture des vignes.

Les insectes y sont très nombreux (abeilles, sauterelles, grillons, araignées…). Les autres animaux qui peuplent l’île ont été importés d’Europe et d’Afrique. Les abords de l’île sont très poissonneux et la pêche y est abondante : on y trouve du thon, des espedas, le poisson noir et le congre sont très répandus. Au large, on peut apercevoir des dauphins, tortues et parfois (pour les plus chanceux !) des baleines.

La flore mélange celle d’Europe du Sud, des Canaries et de la côte africaines. Il existe un reste de grande forêt primitive sur le versant nord de l’île composé de lauriers, fougères, bruyères, genêts, myrtes, châtaigniers, érables, yuccas, magnolias, eucalyptus, bambous, airelles et pins.
De nombreux cactus et vignes importés par les portugais et italiens donnent un caractère particulier à l’île. Les fleurs abondent : roses, bougainvilliers, azalées, camélias, mais aussi de nombreux fruits et légumes tropicaux tels que les papayes, goyaves, fruits de la passion, mangue, grenade, banane, ananas, les ignames, patates douces, maïs et pommes de terre.